The Drowned World Tour
47 concerts dans 17 villes (6 Pays) – 22 Titres
9 juin – 15 septembre 2001
Concert dirigé par : Jamie King

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Couverture du programme officiel de la tournée Drowned World Tour 2001

En 2001, Madonna revient sur scène après huit années d’absence avec une tournée qui marque une véritable rupture avec le passé : le Drowned World Tour. Cette cinquième tournée mondiale de la chanteuse accompagne deux albums qui ont profondément transformé son univers artistique : Ray of Light (1998) et Music (2000).

Après le spectaculaire Girlie Show de 1993, Madonna avait délaissé la scène pour se consacrer au cinéma, à sa vie personnelle et à la maternité. Son retour n’allait donc pas être une simple tournée de retrouvailles. Madonna voulait proposer une expérience totale, sombre, théâtrale et résolument contemporaine, à l’image de la femme et de l’artiste qu’elle était devenue.

Du 9 juin au 15 septembre 2001, de Barcelone à Los Angeles, le Drowned World Tour allait ainsi présenter une Madonna nouvelle : plus expérimentale, plus mystérieuse et moins préoccupée par la nostalgie de ses débuts.

Un retour attendu depuis huit ans

La perspective d’une nouvelle tournée avait commencé à circuler dès le milieu des années 1990. Après la sortie de Bedtime Stories, Madonna avait envisagé de reprendre la route, mais son engagement dans le film Evita, dans lequel elle interprétait Eva Perón, mit fin à ces projets.

Puis vint Ray of Light. L’album, sorti en 1998, marqua une transformation majeure dans l’identité musicale de Madonna. Une tournée était alors envisagée pour 1999, mais le projet fut finalement abandonné alors que la chanteuse se concentrait sur la maternité et sur ses engagements cinématographiques.

En 2000, Madonna sort Music, un album qui connaît un immense succès et confirme son extraordinaire capacité à se réinventer. Devenue mère de son fils Rocco et mariée au réalisateur britannique Guy Ritchie, elle commence à envisager sérieusement son retour sur scène.

En novembre 2000, elle laisse entendre que le moment est venu : elle a de nouvelles idées et souhaite créer « une grande tournée ». Quelques mois plus tard, en avril 2001, le projet est officiellement annoncé.

Le défi est considérable : Madonna et son équipe disposent de seulement trois mois pour préparer le spectacle.

Drowned World : un titre chargé de sens

Le nom de la tournée fait directement référence à deux univers. Il évoque d’abord le roman de science-fiction The Drowned World, publié en 1962 par l’écrivain britannique J. G. Ballard. Mais il renvoie surtout à « Drowned World/Substitute for Love », l’une des chansons les plus introspectives de Ray of Light.

Ce choix de titre est particulièrement révélateur. Madonna ne souhaite pas simplement présenter une succession de chansons populaires : elle veut emmener le public dans différents mondes, différentes identités et différentes périodes de sa carrière.

Sa porte-parole Liz Rosenberg décrit d’ailleurs le projet comme le plus grand spectacle de Madonna à ce jour. Et la promesse est tenue !

Quatre univers pour une seule Madonna

Le Drowned World Tour est conçu comme un spectacle en quatre grands actes thématiques, chacun correspondant à une facette différente de Madonna :

  • Rock ‘n’ Roll Punk Girl
  • Geisha Girl
  • Cyber Cowgirl
  • Spanish Girl / Ghetto Girl

Cette construction permet à Madonna de parcourir différents univers visuels et musicaux tout en faisant évoluer son personnage sur scène. Le spectacle mélange ainsi le punk, les arts martiaux, la culture japonaise, le western américain, le flamenco, l’esthétique espagnole et les influences urbaines.

Cette fois, Madonna ne cherche pas à recréer ses anciennes tournées. Elle construit un spectacle qui représente son présent.

Une setlist qui refuse la nostalgie

C’est probablement l’un des choix les plus audacieux de la tournée. Alors qu’elle revient sur scène après huit ans d’absence, Madonna aurait pu proposer une gigantesque compilation de ses plus grands succès. Elle choisit exactement l’inverse.

Le Drowned World Tour se concentre principalement sur Ray of Light et Music, ainsi que sur certaines chansons plus récentes issues de Bedtime Stories et de Evita.

Résultat : seules deux chansons datant d’avant les années 1990 sont conservées dans le spectacle : Holiday et La Isla Bonita. Pas de Like a Virgin. Pas de Material Girl. Pas de Like a Prayer. Pas de Express Yourself.

Madonna refuse volontairement de transformer son retour en simple « hit parade ». Elle souhaite célébrer les albums et les expériences artistiques qui ont façonné son évolution depuis Evita.

Ce choix divise évidemment les fans et les critiques. Certains regrettent l’absence des classiques des années 1980, tandis que d’autres admirent Madonna pour son refus de regarder constamment dans le rétroviseur.

C’est précisément ce qui rend le Drowned World Tour si important dans sa carrière : Madonna revient après huit ans et choisit de ne pas redevenir la Madonna de 1984.

Acte I — Rock ‘n’ Roll Punk Girl

Le spectacle débute dans une atmosphère mystérieuse avec « Drowned World/Substitute for Love ». Madonna apparaît au milieu de la fumée et de la glace sèche, sur une plateforme qui s’élève progressivement. Vêtue d’une tenue inspirée du punk, comprenant notamment un kilt tartan, elle impose immédiatement la nouvelle esthétique de la tournée.

L’énergie monte rapidement avec « Impressive Instant », entourée de danseurs portant des masques à gaz et des vêtements noirs.

Madonna prend ensuite la guitare électrique pour « Candy Perfume Girl », avant d’interpréter « Beautiful Stranger », accompagnée de Niki Haris et Donna De Lory.

Le premier acte se termine sur « Ray of Light », l’un des moments les plus électriques de la soirée.

Acte II — Geisha Girl

Le changement d’atmosphère est spectaculaire. Une vidéo montrant Madonna sous les traits d’une geisha introduit « Paradise (Not For Me) ». Des danseurs apparaissent suspendus dans les airs, créant une atmosphère presque irréelle.

Madonna revient ensuite sur scène vêtue d’un kimono et coiffée d’une perruque noire pour interpréter « Frozen ». L’acte poursuit son exploration de l’univers japonais avec « Nobody’s Perfect », puis « Mer Girl », qui mène à une impressionnante séquence de combat inspirée des ninjas pendant « Sky Fits Heaven ».

Le tableau final, construit autour d’un remix de « What It Feels Like for a Girl », mélange danse, animation et images inspirées de l’univers japonais et du cinéma d’animation.

Cette section du spectacle est probablement l’une des plus ambitieuses visuellement.

Acte III — Cyber Cowgirl

Madonna change une nouvelle fois de peau. Pour « I Deserve It », elle apparaît en véritable cowgirl, vêtue de chaps et coiffée d’un chapeau de cowboy, tout en jouant de la guitare acoustique.

« Don’t Tell Me » reprend les mouvements de danse inspirés du célèbre vidéoclip, avant que « Human Nature » ne transforme la scène en terrain de jeu provocateur. Madonna utilise notamment un lasso et termine la séquence sur un taureau mécanique. Le mélange de country, de sexualité et d’humour est typiquement madonnien.

Elle adopte ensuite un accent du Sud pour présenter « The Funny Song », une séquence volontairement satirique, avant de revenir à la guitare pour « Secret ».

Cette dernière prestation est accompagnée d’images de baptêmes, de derviches soufis et de prières bouddhistes, illustrant une nouvelle fois la fascination de Madonna pour les traditions spirituelles et religieuses.

L’acte se termine avec une version dépouillée de « Gone », remplacée par « You’ll See » lors de certains concerts américains.

Acte IV — Spanish Girl / Ghetto Girl

Pour le dernier acte, Madonna plonge dans un univers aux influences espagnoles. Le tableau débute avec un tango construit autour de « Don’t Cry for Me Argentina », rappelant naturellement son expérience d’Evita.

Elle interprète ensuite « Lo Que Siente La Mujer », avant de reprendre la guitare pour « La Isla Bonita », accompagnée de danseurs de flamenco. Puis arrive un mash-up particulièrement festif associant « Holiday » à Music Sounds Better With You de Stardust.

Mais c’est évidemment « Music » qui sert de véritable feu d’artifice final.

Toute la troupe rejoint Madonna sur scène. Les confettis tombent du plafond tandis que les écrans présentent un montage de ses vidéoclips passés.

Après avoir passé toute la soirée à regarder vers le futur, Madonna accepte enfin de célébrer brièvement son propre héritage.

Puis les mots « The End » apparaissent à l’écran.

Une scène gigantesque

Concept de scène du Drowned World Tour

Le Drowned World Tour représente également une impressionnante prouesse technique. Le spectacle est décrit comme l’un des projets les plus complexes jamais réalisés par son équipe. Deux Boeing 747 sont nécessaires pour transporter la production entre l’Europe et les États-Unis, tandis que plus de 300 véhicules de transport déplacent plus de 100 tonnes de matériel.

La scène elle-même occupe une superficie équivalente à environ trois courts de tennis. Elle comprend une immense structure composée de poutrelles, de moteurs et d’écrans vidéo, ainsi que des dispositifs permettant de faire apparaître ou disparaître les artistes et les décors.

Un taureau mécanique, des équipements de suspension aérienne et de nombreux éléments mobiles complètent cette impressionnante machinerie.

Plus de 100 professionnels participent à la production, entre techniciens, éclairagistes, ingénieurs du son, stylistes et autres membres de l’équipe.

Pour Madonna, rien n’est laissé au hasard. Elle supervise personnellement de nombreux détails et exige un niveau de précision extrêmement élevé.

Jean Paul Gaultier et la mode du Drowned World

Comme souvent dans la carrière de Madonna, la mode joue un rôle essentiel dans la construction du spectacle. Pour cette tournée, elle fait de nouveau appel à Jean Paul Gaultier, l’un de ses collaborateurs les plus emblématiques.

Le créateur imagine des costumes qui traversent plusieurs univers : punk, écossais, japonais, western et espagnol.

Les références à différentes périodes de la carrière de Madonna sont nombreuses. Les chemises déchirées et les pantalons zippés rappellent son esthétique des débuts. Les perruques et maquillages de geisha évoquent l’ère Ray of Light. Les chaps et les jeans font référence à Don’t Tell Me, tandis que certains costumes mélangent les influences de La Isla Bonita et d’Evita.

L’un des costumes les plus spectaculaires est un immense kimono rouge et noir peint à la main, dont les manches peuvent atteindre environ 15 mètres d’envergure lorsqu’elles sont déployées.

La styliste Arianne Phillips supervise l’ensemble de la garde-robe et collabore avec Gaultier. Le duo DSquared2 participe également à la création des looks plus « ghetto fabulous ».

Pour chaque partie du spectacle, plusieurs exemplaires des costumes de Madonna sont fabriqués afin de pouvoir accompagner les contraintes d’une tournée internationale.

Madonna, guitariste

Le Drowned World Tour marque également une nouvelle étape dans la relation de Madonna avec la guitare. Elle avait commencé à prendre des cours en 2000 avec le musicien Monte Pittman.

Sur scène, elle joue désormais de la guitare électrique et acoustique sur plusieurs chansons. Pittman fait lui-même partie du groupe qui accompagne Madonna. Cette évolution est importante : Madonna ne se contente plus de chanter et de danser. Elle veut également montrer une dimension plus musicale et instrumentale de son travail.

Les répétitions sont particulièrement exigeantes : cinq jours par semaine, jusqu’à treize heures par jour. Madonna résume parfaitement sa philosophie de la scène en expliquant qu’elle ne voit pas l’intérêt de faire un spectacle si celui-ci ne propose pas quelque chose capable de « bouleverser les sens ».

Une tournée qui divise les fans

Le Drowned World Tour reçoit globalement un accueil critique très favorable. La présence scénique de Madonna, la mise en scène, la technologie, les costumes et la dimension théâtrale sont largement salués.

Certains critiques considèrent même le spectacle comme l’un des plus audacieux de sa carrière. Mais une controverse revient régulièrement : l’absence des grands succès des années 1980.

Pour une artiste qui n’avait pas fait de tournée depuis huit ans, certains journalistes trouvent difficilement compréhensible qu’elle ne profite pas de l’occasion pour revisiter ses classiques. D’autres, au contraire, considèrent cette décision comme l’une des plus grandes forces du spectacle.

Madonna impose ses règles : elle ne veut pas simplement satisfaire les attentes du public, elle veut présenter l’artiste qu’elle est devenue. Cette attitude résume finalement toute sa carrière.

Le succès commercial

Malgré une setlist audacieuse et un prix des billets relativement élevé, la demande est phénoménale.

À Londres, le premier concert au Earls Court Exhibition Centre se vend en seulement quinze minutes. Cinq représentations supplémentaires sont ajoutées et affichent également complet en quelques heures.

Le site officiel de Madonna reçoit plus d’un million de visites dans les dix premières minutes suivant l’annonce des billets, tandis que des millions d’appels sont enregistrés par les services téléphoniques de réservation.

Aux États-Unis, les billets partent également extrêmement rapidement. Les quatre concerts de Los Angeles sont notamment complets en seulement 17 minutes.

Au total, le Drowned World Tour compte 47 représentations et attire plus de 730 000 spectateurs.

Avec des recettes de 76,8 millions de dollars, la tournée devient la tournée solo la plus lucrative de l’année 2001. Un résultat remarquable pour une artiste qui venait de passer huit années loin des grandes scènes.

Une absence historique au Canada

Pour les fans canadiens, le Drowned World Tour possède toutefois une particularité moins réjouissante. La tournée ne passe pas par le Canada, une première dans la carrière de Madonna à ce moment-là. On attribue cette absence à des problèmes de calendrier concernant Toronto.

Pour les admirateurs québécois et canadiens, il faudra donc suivre la tournée à distance — ou traverser la frontière pour assister aux spectacles américains.

Cette absence contribue aussi à rendre cette tournée particulièrement mémorable pour les fans canadiens de l’époque.

Le spectacle diffusé sur HBO

Le 26 août 2001, Madonna se produit au Palace of Auburn Hills, au Michigan. Le concert est filmé et diffusé en direct sur HBO sous le titre Madonna Live: The Drowned World Tour.

Réalisé par Hamish Hamilton et produit par Marty Callner, le spectacle rassemble 5,7 millions de téléspectateurs, devenant l’une des émissions de concert les plus regardées de l’histoire récente de HBO.

Le programme reçoit également deux nominations aux Primetime Emmy Awards et remporte le prix du meilleur concert télévisé aux AOL TV Viewer Awards de 2002.

La captation est ensuite commercialisée en VHS et DVD sous le titre Drowned World Tour 2001, le 13 novembre 2001, le même jour que la sortie de GHV2.

Le document vidéo connaîtra à son tour un important succès commercial et atteindra la première place du classement Billboard des vidéos musicales.

Après le 11 septembre : une fin de tournée différente

Les derniers concerts de Los Angeles se déroulent dans un contexte profondément bouleversé par les attentats du 11 septembre 2001.

Madonna modifie alors plusieurs éléments du spectacle. Elle apparaît notamment avec un kilt aux couleurs du drapeau américain, en hommage aux victimes. La scène de tir mise en scène pendant Mer Girl est transformée en geste de réconciliation.

The Funny Song est retirée du spectacle et l’ensemble des danseurs rejoint Madonna pour Holiday. Ces modifications donnent aux derniers concerts une dimension particulière, alors que les États-Unis vivent l’une des périodes les plus traumatisantes de leur histoire récente.

Une nouvelle étape dans la carrière de Madonna

Avec le Drowned World Tour, Madonna prouve une nouvelle fois qu’elle n’est pas intéressée par la simple répétition de son passé. Après huit années loin de la scène, elle aurait pu revenir avec un spectacle nostalgique rempli de Like a Virgin, Material Girl et Like a Prayer.

Elle choisit plutôt Ray of Light, Music, Frozen, Nobody’s Perfect, Don’t Tell Me, Human Nature, Secret et Music. Elle choisit la transformation plutôt que la nostalgie.

Le Drowned World Tour est donc bien plus qu’une tournée destinée à promouvoir deux albums. C’est une déclaration artistique. Madonna y présente une artiste capable de changer de peau, de musique, de costume et d’identité, tout en conservant cette même volonté de contrôler chaque détail de son spectacle.

En 2001, elle ne cherche pas à rappeler au public qui elle était. Elle lui montre qui elle est devenue. Et c’est peut-être là que réside toute la puissance du Drowned World Tour : derrière ses décors spectaculaires, ses costumes signés Gaultier, ses danseurs, ses écrans et ses effets techniques, cette tournée raconte finalement l’histoire d’une artiste qui refuse obstinément de se laisser enfermer dans son propre passé.



Au programme

Rock ‘n’ Roll Punk Girl

« Drowned World/Substitute for Love » (contient des éléments « Music », « Human Nature » « Ray of Light » et « Impressive Instant »)
« Impressive Instant »
« Candy Perfume Girl »
« Beautiful Stranger » (contient des éléments « Soul Bossa Nova (Dim’s Space-A-Nova) »)
« Ray of Light » (avec reprise de « Drowned World/Substitute For Love »)

Geisha Girl

« Paradise (Not for Me) » (Video Interlude)
« Frozen » (Stereo MC’s Remix)
« Nobody’s Perfect » (contient des éléments de « Open Your Heart »)
Medley:
« Mer Girl »
« Sky Fits Heaven »
« Mer Girl » (Reprise)

« What It Feels Like for a Girl » (Remix) (Video Interlude)

Cyber-Cowgirl

« I Deserve It »
« Don’t Tell Me »
« Human Nature »
« The Funny Song (Oh Dear Daddy) »
« Secret »
« Gone » (Remplacée par « You’ll See » lors de certains concerts aux États-Unis)

Spanish Girl / Ghetto Girl

« Don’t Cry for Me Argentina » (Instrumental Interlude)
« Lo Que Siente La Mujer » (Version en espagnol de « What It Feels Like for a Girl » (Calderone & Quayle Dark Side Mix))
« La Isla Bonita »

« Holiday » (contient des éléments « Fate » de Chaka Khan et « Music Sounds Better with You » de Stardust)
« Music » (contient des éléments « Trans-Europe Express » de Kraftwrek)

 

L’équipe

Madonna – voix, guitare électrique et acoustique
Donna De Lory , Niki Harris- voix
Stuart Price – Claviers, guitare
Monte Pittman – guitare
Ron Powell – percussions
Steve Sidelnyk – batterie

Danseurs: Christian Vincent, Ruthy Inchaustegui , Nito Larioza , Tamara Levinson, Anthony Jay Rodríguez, Ryan Sabado , Kemba Shannon, Jamal Story , Eko Supriyanto, Addie Yungmee

Costumes: Arianne Phillips, Jean Paul Gaultier, DSquared (Dean & Dan Caten)

Artistes invités (première partie) : Aucun

Itinéraire

June 09 – Palau Sant Jordi, Barcelona, Spain
June 10 – Palau Sant Jordi, Barcelona, Spain

June 14 – Fila Forum, Milan, Italy
June 13 – Fila Forum, Milan, Italy
June 15 – Fila Forum, Milan, Italy

June 19 – Max Schmeling-Halle, Berlin, Germany
June 20 – Max Schmeling-Halle, Berlin, Germany
June 22 – Max Schmeling-Halle, Berlin, Germany
June 23 – Max Schmeling-Halle, Berlin, Germany

June 26 – Palace Omnisports de Paris Bercy, Paris, France
June 27 – Palace Omnisports de Paris Bercy, Paris, France
June 29 – Palace Omnisports de Paris Bercy, Paris, France
June 30 – Palace Omnisports de Paris Bercy, Paris, France

July 04 – Earls Court, London, England
July 06 – Earls Court, London, England
July 07 – Earls Court, London, England
July 09 – Earls Court, London, England
July 10 – Earls Court, London, England
July 12 – Earls Court, London, England

July 21 – First Union Center, Philadelphia, PA
July 22 – First Union Center, Philadelphia, PA

July 25 – Madison Square Garden, New York, NY
July 26 – Madison Square Garden, New York, NY
July 28 – Madison Square Garden, New York, NY
July 30 – Madison Square Garden, New York, NY
July 31 – Madison Square Garden, New York, NY

August 02 – Continental Airlines Arena, East Rutherford, NJ
August 03 – Continental Airlines Arena, East Rutherford, NJ (canceled)

August 07 – Fleet Center, Boston, MA
August 08 – Fleet Center, Boston, MA

August 10 – MCI Center, Washington, DC
August 11 – MCI Center, Washington, DC

August 14 – National Car Rental Center, Miami, FL
August 15 – National Car Rental Center, Miami, FL

August 19 – Philips Arena, Atlanta, GA
August 20 – Philips Arena, Atlanta, GA

August 25 – The Palace of Auburn Hills, Detroit, MI
August 26 – The Palace of Auburn Hills, Detroit, MI

August 28 – United Center, Chicago, IL
August 29 – United Center, Chicago, IL

September 01 – MGM Grand, Las Vegas, NV
September 02 – MGM Grand, Las Vegas, NV

September 05 – Oakland Arena, Oakland, CA
September 06 – Oakland Arena, Oakland, CA

September 09 – Staples Center, Los Angeles, CA

September 11 – Staples Center, Los Angeles, CA
(Reporté à cause des attaques térroristes aux E-U)

September 13 – Staples Center, Los Angeles, CA
September 14 – Staples Center, Los Angeles, CA
September 15 – Staples Center, Los Angeles, CA


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