The Re-Invention Tour
56 concerts dans 20 villes ( 7 Pays) – 21 Titres
24 mai – 14 septembre 2004
Concert dirigé par Jamie King

Re-Invention World Tour : Madonna réinvente son histoire sur scène
En 2004, Madonna entreprend une nouvelle transformation. Trois ans après le très théâtral Drowned World Tour, la chanteuse reprend la route avec une tournée qui porte un nom particulièrement bien choisi : Re-Invention World Tour. L’idée est simple, mais profondément madonnienne : revisiter son passé, reprendre ses grands classiques et leur donner une nouvelle vie.
Lancée pour accompagner son neuvième album studio, Americain Life, la tournée devient rapidement beaucoup plus qu’une simple tournée promotionnelle. Pendant près de quatre mois, Madonna traverse l’Amérique du Nord et l’Europe, revisitant plus de deux décennies de carrière à travers un spectacle spectaculaire, politique, spirituel et volontairement éclectique.

Avec 56 concerts à guichets fermés, plus de 900 000 spectateurs et des recettes dépassant les 125 millions de dollars, Re-Invention devient la tournée la plus lucrative de 2004. Elle remportera également le prix de Top Tour aux Billboard Touring Awards. Mais au-delà des chiffres, cette tournée occupe une place particulière dans la carrière de Madonna : elle marque le moment où l’artiste accepte pleinement de regarder derrière elle… tout en refusant de devenir prisonnière de son propre passé.
Trois ans après Drowned World
Lorsque Madonna remonte sur scène en 2004, trois années se sont écoulées depuis le Drowned World Tour. Cette précédente tournée avait été saluée pour son esthétique sombre et avant-gardiste, mais un reproche revenait régulièrement : l’absence de plusieurs des grands succès de Madonna.
Pour Re-Invention, l’approche est donc radicalement différente. Madonna veut revisiter l’ensemble de son parcours. Comme elle l’expliquait alors, il s’agit de prendre des chansons anciennes et nouvelles et de les présenter « comme elles n’ont jamais été faites auparavant ».
C’est précisément ce que suggère le titre Re-Invention. Madonna ne se contente pas de ressortir ses anciens tubes : elle les déconstruit, les transforme et les replace dans de nouveaux univers musicaux et visuels.
Le spectacle devient ainsi une sorte de dialogue entre les différentes Madonna : la jeune artiste new-yorkaise des années 1980, la superstar provocatrice des années 1990 et la femme plus spirituelle et engagée du début des années 2000.
Une tournée annoncée dans le plus grand secret

Les premières rumeurs concernant une nouvelle tournée commencent à circuler dès la fin de 2003. Au début de l’année suivante, Madonna confirme qu’elle travaille sur des idées pour un nouveau spectacle et les répétitions commencent rapidement.
La tournée est officiellement annoncée le 23 mars 2004.
Madonna est alors en pleine période American Life, un album qui avait suscité des réactions très partagées. Le contexte politique est également particulièrement présent dans son travail, notamment en raison de la guerre en Irak et de ses prises de position contre la politique américaine.
Le Re-Invention World Tour est présenté comme son grand retour sur scène après trois ans. Le coup d’envoi est donné le 24 mai 2004 au Forum d’Inglewood, en Californie. Le périple se terminera le 14 septembre 2004 au Pavilhão Atlântico de Lisbonne, au Portugal.
La tournée permet également à Madonna de se produire pour la première fois en Irlande et au Portugal. Des concerts prévus à Tel Aviv seront toutefois annulés pour des raisons de sécurité.
Une véritable machine scénique
Pour concevoir le spectacle, Madonna retrouve Jamie King, son directeur artistique, avec lequel elle avait déjà collaboré sur le Drowned World Tour.
Autour d’elle, une impressionnante équipe de musiciens, chanteurs et danseurs est réunie. On retrouve notamment le guitariste Monte Pittman, le directeur musical et claviériste Stuart Price, la chanteuse Siedah Garrett, ainsi que la fidèle Donna De Lory, choriste et danseuse de longue date. Douze danseurs participent au spectacle, dont trois artistes spécialisés dans le trapèze.

Mais c’est surtout la scénographie qui impressionne. La production, évaluée à environ un million de dollars, repose sur une immense scène équipée d’un plateau tournant de 13 mètres de diamètre, d’un tapis roulant et de cinq gigantesques écrans vidéo. L’un de ces écrans pèse à lui seul près de sept tonnes et l’ensemble du dispositif est contrôlé par pas moins de 160 moteurs.
L’un des éléments les plus spectaculaires est une passerelle en forme de V, longue de 22 mètres, suspendue au plafond et pouvant descendre au-dessus du public. Madonna peut ainsi littéralement se retrouver au-dessus de ses fans pendant certaines performances.
La scène accueille également des éléments particulièrement surprenants, comme une rampe de skateboard et une chaise électrique. Des images provenant de l’installation artistique X-STaTIC PRO=CeSS, réalisée avec le photographe Steven Klein, sont également intégrées au spectacle.
Et contrairement à plusieurs tournées contemporaines, aucune première partie n’est prévue : le public est là uniquement pour Madonna.
Cinq actes pour raconter Madonna
Le spectacle est construit autour de cinq actes thématiques :
- Marie Antoinette
- Military
- Circus
- Acoustic
- Scottish-Tribal
Cette structure permet à Madonna de passer d’un univers à l’autre tout en donnant une cohérence visuelle à une setlist qui couvre toute sa carrière.
Acte I – Marie Antoinette
Le spectacle débute de manière spectaculaire avec « The Beast Within », une interprétation parlée inspirée du Livre de l’Apocalypse et accompagnée d’images issues de X-STaTIC PRO=CeSS.
Puis Madonna apparaît sous la scène dans un spectaculaire corset couleur champagne signé Christian Lacroix, couvert de cristaux et inspiré de l’esthétique baroque.
Place alors à « Vogue ». La chorégraphie mélange poses inspirées du yoga et mouvements de danse, donnant au classique de 1990 une nouvelle dimension.

Madonna enchaîne avec « Nobody Knows Me », qu’elle interprète seule sur le tapis roulant, tandis que les paroles défilent sur les écrans.
L’acte se termine avec « Frozen », interprété dans une atmosphère glaciale et mystérieuse. Des projections réalisées par Chris Cunningham montrent notamment un couple androgyne nu évoluant sous l’eau. Dès les premières minutes, le message est clair : Madonna est de retour.
Acte II – Military
L’univers change complètement. Le bruit d’hélicoptères envahit la salle tandis que les danseurs apparaissent vêtus comme des soldats. Madonna surgit au sommet d’une pyramide de téléviseurs pour interpréter « American Life », dans une mise en scène directement liée aux préoccupations politiques de l’époque.

Les écrans montrent des images de guerre, des enfants blessés et des représentations de George W. Bush et Saddam Hussein. La célèbre passerelle en V descend alors au-dessus du public.
Madonna poursuit avec « Express Yourself », transformé en numéro militaire spectaculaire avec manipulation de fusils. Puis viennent des versions rock de « Burning Up » et « Material Girl », avec Madonna à la guitare électrique.
Cette partie du spectacle constitue l’un des meilleurs exemples de la philosophie de Re-Invention : prendre des chansons connues et leur faire subir une véritable métamorphose.
Acte III – Circus
Après la politique et l’univers militaire, Madonna plonge dans un monde beaucoup plus théâtral.
Un interlude autour de « Hollywood » introduit un univers de cirque extravagant dans lequel apparaissent notamment un artiste jouant avec le feu, une danseuse orientale, un danseur de claquettes et un skateboarder.

« Hanky Panky » devient un numéro de burlesque, tandis que « Deeper and Deeper » est complètement réinventé sous la forme d’un morceau lounge.
Puis arrive une étonnante version tango de « Die Another Day ». La performance se termine lorsque Madonna est attachée à une chaise électrique, avant d’enchaîner avec « Lament », extrait de la bande sonore du film Evita.
Le segment se conclut avec un interlude vidéo autour d’un remix de « Bedtime Story ». Madonna y apparaît notamment allongée sur un immense scanner, tandis que des danseurs aériens descendent du plafond.
Acte IV – Acoustic
Après les excès visuels du segment précédent, le spectacle se dépouille. Madonna prend sa guitare acoustique pour interpréter « Nothing Fails ». Elle poursuit avec « Don’t Tell Me », puis « Like a Prayer », l’un des grands moments de communion avec le public.
Vient ensuite un mash-up de « Mother and Father » et « Intervention », deux chansons de l’album American Life.

La dimension spirituelle est particulièrement forte. Les images de la mère de Madonna, décédée alors qu’elle était enfant, apparaissent sur les écrans. Puis Madonna interprète « Imagine » de John Lennon. La chanson, qu’elle présente comme l’ultime chanson de paix, est accompagnée d’images de régions ravagées par la guerre et d’enfants victimes des conflits.
Après l’énergie des premiers actes, cette séquence constitue le cœur émotionnel du spectacle.
Acte V – Scottish-Tribal
Pour le dernier acte, Madonna retourne vers une énergie beaucoup plus festive. Des cornemuses font leur apparition et lancent « Into the Groove ». Madonna porte alors un kilt et arbore différents T-shirts portant des slogans comme « Kabbalists Do It Better » ou « Italians Do It Better ». Missy Elliott apparaît sur les écrans pendant la performance.
Madonna enchaîne ensuite avec « Papa Don’t Preach », puis « Crazy for You », chanson qu’elle dédie à ses fans. Avec « Music », la chanteuse propose une version hip-hop accompagnée d’un escalier illuminé.

Et évidemment, impossible de terminer une tournée de Madonna sans « Holiday ». Pour le grand final, Madonna et ses danseurs prennent possession de la passerelle tandis que des confettis envahissent la salle.
Sur les écrans apparaît alors le message qui résume toute la philosophie de la tournée : « RE-INVENT YOURSELF ».
Une garde-robe à la hauteur du concept
La mode occupe évidemment une place centrale dans le Re-Invention World Tour. La direction vestimentaire est assurée par Arianne Phillips, qui applique aux costumes le même principe que celui qui gouverne la tournée : reprendre le passé et le transformer.
Madonna effectue cinq changements de costumes. Christian Lacroix signe notamment le spectaculaire corset baroque de l’ouverture. Stella McCartney imagine les tenues plus dépouillées de la partie acoustique, tandis que Karl Lagerfeld pour Chanel participe à l’esthétique du segment Circus.

Le deuxième acte adopte naturellement une esthétique militaire en lien avec American Life. Le dernier segment est dominé par les kilts et les influences écossaises. D’autres grands noms de la mode apparaissent également dans la garde-robe, notamment Jean Paul Gaultier et Miu Miu.
Une fois encore, Madonna démontre que ses tournées sont autant des événements musicaux que des défilés de mode et des spectacles théâtraux.
Une setlist qui aurait pu être très différente
Ce que l’on oublie parfois, c’est que la setlist finale de Re-Invention est le résultat de nombreuses semaines de réflexion et de répétitions. Plus de 30 chansons auraient été envisagées.
Certaines ont été répétées mais finalement abandonnées, parmi lesquelles « Dress You Up », « I’m So Stupid », « Swim », « Take a Bow » et « Live to Tell ». « Vogue » devait même initialement ouvrir le spectacle avant que Madonna ne choisisse « The Beast Within ».

Deux chansons écrites pendant cette période connaîtront une étonnante destinée : « The Devil Wouldn’t Recognize You » et « I Love New York ». Toutes deux seront retravaillées et finiront par apparaître plusieurs années plus tard sur de futurs albums studio.
C’est un autre aspect fascinant de Re-Invention : la tournée devient aussi un laboratoire créatif pour la Madonna des années à venir.
Madonna face à son héritage
L’un des grands intérêts de la tournée réside dans cette confrontation entre Madonna et son propre catalogue. Après avoir volontairement privilégié les morceaux plus conceptuels sur Drowned World, Madonna semble cette fois accepter pleinement son statut d’icône de la pop.
Mais il ne s’agit jamais de simples reproductions. Les arrangements sont modifiés, les chorégraphies renouvelées et les chansons replacées dans des contextes parfois totalement inattendus.
C’est précisément cette idée de réinvention qui donne son sens à la tournée.
Une tournée politique… qui divise

La dimension politique de Re-Invention ne passe pas inaperçue. Le segment Military, notamment, met directement en scène les préoccupations de Madonna concernant la guerre et la politique américaine.
Certains critiques saluent son engagement et la puissance des images. D’autres considèrent que les messages politiques sont trop appuyés ou qu’ils s’intègrent difficilement à certaines chansons.
Le contraste entre les images de guerre et les moments de pur divertissement est également critiqué. Cette controverse n’est pourtant pas surprenante lorsqu’il s’agit de Madonna. Depuis ses débuts, elle n’a jamais hésité à mélanger provocation, religion, sexualité, politique et culture populaire.
Avec Re-Invention, elle poursuit cette tradition, même si les réactions sont plus partagées qu’à certaines périodes de sa carrière.
Le retour des classiques séduit les fans
Malgré certaines critiques, un point fait largement consensus : le retour des grands classiques de Madonna fonctionne.
Plusieurs critiques soulignent notamment la puissance de « Like a Prayer », « Burning Up », « Frozen » ou « Material Girl ». Le public retrouve une Madonna capable de revisiter son passé sans simplement le reproduire.
Pour certains journalistes, la tournée marque même le moment où Madonna embrasse véritablement son héritage pop. Et c’est peut-être là le véritable succès artistique de Re-Invention : Madonna n’essaie pas de redevenir la jeune femme de 1983. Elle ne cherche pas à reproduire le Blond Ambition Tour ou le Girlie Show. Elle prend les chansons de ces différentes époques et les fait passer à travers le filtre de la Madonna de 2004.
Un triomphe commercial

Si la réception critique est parfois partagée, les chiffres sont beaucoup plus éloquents. La demande pour les billets est énorme dès l’ouverture des ventes. Les membres du fan-club officiel Icon ont notamment eu accès aux billets en priorité. À New York, plusieurs concerts se vendent très rapidement. Six spectacles génèrent à eux seuls plus de 12 millions de dollars.
À Manchester, 14 000 billets trouvent preneur en une heure. À Londres, quatre soirées au Wembley Arena rapportent environ 9,8 millions de dollars. À Lisbonne, les 15 000 billets disponibles sont vendus en seulement huit heures.
Au terme de la tournée, le bilan est impressionnant : 56 spectacles à guichets fermés, plus de 900 000 spectateurs et plus de 125 millions de dollars de recettes.
Madonna reçoit également le prix Top Tour aux Billboard Touring Awards, tandis que sa manager Caresse Henry est récompensée comme Top Manager.
Une polémique avec Elton John
La tournée sera également associée à l’une des polémiques les plus célèbres de la carrière de Madonna. Lors des Q Awards à Londres, Elton John critique publiquement Madonna et remet en question sa nomination dans la catégorie Best Live Act. Il l’accuse notamment de faire du playback pendant le Re-Invention Tour.
L’équipe de Madonna dément immédiatement ces accusations, affirmant que la chanteuse chante réellement en direct. Madonna aurait répondu avec son sens de l’humour légendaire en envoyant à Elton John une boîte de chocolats accompagnée d’une note sarcastique.
Quelques jours plus tard, Elton John revient sur ses propos et reconnaît qu’il les regrette, expliquant qu’il avait été particulièrement alcoolisé lors de l’événement. L’incident n’empêchera finalement pas la tournée de poursuivre son immense succès.
I’m Going to Tell You a Secret

La tournée ne disparaîtra pas après le dernier concert. Elle sera immortalisée dans le documentaire I’m Going to Tell You a Secret, réalisé par Jonas Åkerlund, collaborateur régulier de Madonna.
Le film propose une approche différente de Truth or Dare. Là où le documentaire de 1991 avait largement misé sur les coulisses, l’humour et les relations entre les membres de la troupe, I’m Going to Tell You a Secret se montre plus introspectif.
La spiritualité, la Kabbale, les convictions personnelles de Madonna et sa vision artistique occupent une place importante. Le documentaire est diffusé sur MTV en octobre 2005.
Un double disque sortira ensuite en 2006, réunissant le film et un album live de 14 titres, ainsi qu’une version démo originale de « I Love New York ».
Re-Invention : le véritable message de Madonna
Avec le recul, le Re-Invention World Tour apparaît comme une étape particulièrement importante dans l’évolution scénique de Madonna. Ce n’est pas simplement une tournée destinée à promouvoir American Life. C’est une célébration de son passé, mais aussi une déclaration d’intention pour son avenir.
Madonna y revisite ses tubes sans nostalgie excessive. Elle les transforme, les déconstruit et les replace dans de nouveaux univers. Elle assume son héritage tout en continuant à regarder vers l’avant.
Madonna n’a jamais considéré son passé comme quelque chose d’immuable. Chaque époque de sa carrière devient une matière première qu’elle peut reprendre, remodeler et transformer. Et c’est finalement ce que signifie Re-Invention.
En 2004, elle ne cherche donc pas à redevenir la Madonna des années 1980 ou 1990. Elle devient une nouvelle Madonna en dialogue avec toutes les précédentes.
À la fin du concert, Madonna arbore un t-shirt noir différents selon les endroits qu’elle visitait. On pouvait y lire la ligne devenue célèbre par Madonna : « …do it better » (…le font le mieux) inspiré par celui de son clip « Papa Don’t Peach ». Il y a eu :
Kabbalists Do It Better
Midwesterners Do It Better
Italians Do It Better
Brits Do It Better
Irish Do It Better
Après plus de vingt ans de carrière, Madonna rappelle à son public — et peut-être à elle-même — que la meilleure façon de survivre au temps qui passe est de continuer à se réinventer.

Au programme:
The Beast Within (Intro)
Renaissance (French Baroque/Marie-Antoinette Revival)
Vogue
Nobody Knows Me
Frozen
Military-Army
American Life
Express Yourself
Burning Up
Material Girl
Circus-Cabaret
Interlude : Hollywood (Remix)
Hanky Panky
Deeper And Deeper
Die Another Day
Lament
Interlude – vidéo : Bedtime Story (Remix)
Acoustic
Nothing Fails
Don’t Tell Me
Like a Prayer
Mother And Father
Imagine
Scottish-Tribal
Into the Groove (contient des éléments de « Susan MacLeod » et « Into the Hollywood Groove »)
Papa Don’t Preach
Crazy For You
Music (contient des éléments de « Into The Groove »)
Holiday
L’équipe
Madonna – Voix, guitare élèctrique et accoustique
Donna De Lory & Siedah Garret – Voix
Stuart Price – Directeur Musical, Claviers
Monte Pittman – Guitare
Michael McKnight – Programmation, Claviers
Steve Sidelnyk – Batterie
Lorne Cousin – Cornemuse
Danseurs: Aries Smith Daniel ‘Cloud’ Campos Dawn Noel Pignuola Jason Young Marilyn Ortiz Mihran Kirakosian Paul Kirkland Rainstella Moise Resham Gajjar Seth Stewart Tamara Levinson Zach Woodlee
Costumes: Stella McCartney , Karl Lagerfeld , Dolce & Gabbana , Miu Miu , Jimmy Choo, Christian Lacroix
Artistes invités (première partie) : Aucun
Recettes
Los Angeles 43,158 / 43,158(gui.fermés) $6,965,055
Las Vegas 28,341 / 28,341(gui.fermés) $7,005,548
Anaheim 24,250 / 24,250(gui.fermés) $4,164,450
San Jose 40,205 / 40,205(gui.fermés) $5,543,715
Washington, DC 26,788 / 26,788(gui.fermés) $3,486,684
New York 88,625 / 88,625(gui.fermés) $12,674,925
Worcester-Boston 46,075 / 46,075(gui.fermés) $6,439,890
Philadelphia 30,575 / 30,575(gui.fermés) $4,134,478
East Rutherford-NYC 29,315 / 29,315(gui.fermés) $4,437,345
Chicago 59,591 / 59,591(gui.fermés) $7,894,105
Toronto 52,160 / 52,160(gui.fermés) $5,332,703
Atlanta 25,627 / 25,627(gui.fermés) $3,450,874
Miami-Ft. Lauderdale 28,208 / 28,208(gui.fermés) $3,834,522
Miami 30,580 / 30,580(gui.fermés) $4,145,760
Manchester 27,320 / 27,320(gui.fermés) $5,136,114
London 34,087 / 34,087(gui.fermés) $6,356,207
London 45,267 / 45,267(gui.fermés) $9,809,717
Dublin 62,275 / 70,000 $6,575,339
Paris 68,000 / 68,000(gui.fermés) $7,357,529
Arnhem 73,300 / 73,300(gui.fermés) $6,759,661
Lisbon 33,460 / 33,460(gui.fermés) $3,286,166
Itinéraire
May 24: Los Angeles (Forum)
May 26: Los Angeles (Forum)
May 27: Los Angeles (Forum)
May 29: Las Vegas (MGM Grand Garden Arena)
May 30: Las Vegas (MGM Grand Garden Arena)
June 2: Anaheim, California (Arrowhead Pond of Anaheim)
June 3: Anaheim, California (Arrowhead Pond of Anaheim)
June 6: San Jose (HP Pavilion)
June 8: San Jose (HP Pavilion)
June 9: San Jose (HP Pavilion)
June 13: Washington, D.C. (MCI Center)
June 14: Washington, D.C. (MCI Center)
June 16: New York (Madison Square Garden)
June 17: New York (Madison Square Garden)
June 20: New York (Madison Square Garden)
June 21: New York (Madison Square Garden)
June 23: New York (Madison Square Garden)
June 24: New York (Madison Square Garden)
June 27: Worcester, Massachusetts
June 28: Worcester, Massachusetts
June 30: Worcester, Massachusetts
July 1: Worcester, Massachusetts
July 4: Philadelphia (Wachovia Center)
July 5: Philadelphia (Wachovia Center)
July 7: East Rutherford, NJ (Continental Airlines Arena)
July 8: East Rutherford, NJ (Continental Airlines Arena)
July 11: Chicago (United Center)
July 12: Chicago (United Center)
July 14: Chicago (United Center)
July 15: Chicago (United Center)
July 18: Toronto (Air Canada Centre)
July 19: Toronto (Air Canada Centre)
July 21: Toronto (Air Canada Centre)
July 24: Atlanta (Philips Arena)
July 25: Atlanta (Philips Arena)
July 28: Fort Lauderdale, Fla. (Office Depot Center)
July 29: Fort Lauderdale, Fla. (Office Depot Center)
Aug. 1: Miami (American Airlines Arena)
Aug. 2: Miami (American Airlines Arena)
Aug. 14: Manchester (MEN Arena)
Aug. 15: Manchester (MEN Arena)
Aug. 18: London (Earls Court)
Aug. 19: London (Earls Court)
Aug. 22: London (Wembley Arena)
Aug. 23: London (Wembley Arena)
Aug. 25: London (Wembley Arena)
Aug. 26: London (Wembley Arena)
Aug. 29: Dublin (Slane Castle)
Sept. 1: Paris (Bercy)
Sept. 2: Paris (Bercy)
Sept. 4: Paris (Bercy)
Sept. 5: Paris (Bercy)
Sept. 8: Arnhem (Gelredome)
Sept. 9: Arnhem (Gelredome)
Sept. 13: Lisbon, Portgual (Pavilão Atlântico)
Sept. 14: Lisbon, Portgual (Pavilão Atlântico)



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