« WHO’S THAT GIRL » – Bande Sonore du film
©1987 Sire Records / Warner Bros.
Artistes Variés – Producteurs variés
Parution: 21 Juillet 1987

Après le succès phénoménal de l’album True Blue en 1986, Madonna s’impose au sommet de la pop mondiale. Mais la star voit plus grand et souhaite s’imposer sur le grand écran. À l’été 1987 sort en salles le film Who’s That Girl (initialement intitulé Slammer), accompagné de sa bande originale officielle. Premier exercice du genre pour la Pop Queen, cette bande sonore occupe une place bien particulière dans sa discographie.
Dans le film, Madonna incarne Nikki Finn, une jeune femme audacieuse et malicieuse accusée à tort de meurtre, qui cherche à blanchir son nom dès sa sortie de prison. Après le succès de la comédie Recherche Susan désespérément (1985) et l’échec commercial de Shanghai Surprise (1986), le studio Warner Bros. hésite à lancer le projet. Convaincue du potentiel de l’histoire, la chanteuse se bat pour le concrétiser et confie la réalisation à son ami James Foley.
Pour la musique, Madonna sait exactement ce qu’elle veut : des titres capables d’enrichir le film tout en existant par eux-mêmes. Dès décembre 1986, elle recontacte ses collaborateurs clés de l’époque, Patrick Leonard et Stephen Bray.
L’histoire de la chanson-titre est un modèle d’efficacité créative : Patrick Leonard prépare une cassette avec la composition instrumentale du refrain. Madonna s’isole dans l’arrière-studio pour écrire la mélodie et les paroles. Le titre est enregistré en une seule journée (ses voix principales sont gravées en une seule prise). Séduite par le morceau, Madonna décide de rebaptiser le film entier — jusqu’alors appelé Slammer — sous le nom de Who’s That Girl.
Dans la foulée, elle compose avec Patrick Leonard la ballade The Look of Love, inspirée par le regard d’amour intense échangé entre James Stewart et Grace Kelly dans le classique Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock. Avec Stephen Bray, elle donne naissance à l’énergique Causing a Commotion (évocation directe des turbulences de son mariage de l’époque avec Sean Penn) ainsi qu’au titre pop-Motown Can’t Stop.
Bien que la pochette soit centrée sur Madonna et que l’album soit généralement classé dans sa discographie principale, il s’agit d’une œuvre collective. La chanteuse n’interprète que 4 des 9 pistes du disque. Le reste de l’album met en avant d’autres artistes du label Sire Records :
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Madonna – Who’s That Girl
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Madonna – Causing a Commotion
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Madonna – The Look of Love
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Madonna – Can’t Stop
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Duncan Faure – 24 Hours
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Club Nouveau – Step by Step
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Michael Davidson – Turn It Up
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Scritti Politti – Best Thing Ever
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Coati Mundi – El Coco Loco
Les simples (singles) par Madonna :
1. Who’s That Girl
Inscrite dans la lignée de La Isla Bonita, la chanson mélange boîte à rythmes synthétique, lignes de basse bondissantes et influences hispaniques marquées (trompettes, paroles en espagnol). Le morceau brille également par l’utilisation de voix superposées sur le dernier refrain, créant une dynamique polyphonique complexe.
Who’s That Girl devient le 6e single de Madonna à atteindre la 1re place du Billboard Hot 100 aux États-Unis, faisant d’elle la première artiste solo à accumuler autant de n°1 dans les années 80.
2. Causing a Commotion
Porté par un tempo rapide de 192 BPM et une basse descendante à quatre notes, ce titre taillé pour les clubs reprend l’esprit festif de Into the Groove. La structure empile les accroches mélodiques pour en faire un hymne pop direct et sans concession.
Causing a Commotion atteint la 2e place du Hot 100 américain (bloqué au sommet par Bad de Michael Jackson) et décroche la tête du classement Dance.
3. The Look of Love
Ballade atmosphérique au tempo modéré (80 BPM) écrite en ré mineur, elle repose sur un contraste entre une basse synthétique profonde, des percussions légères et une guitare acoustique sur le dernier couplet. C’est l’un des vocaux les plus expressifs et mélancoliques de la chanteuse à cette époque.
The Look of Love, sorti exclusivement sur certains marchés (notamment en Europe), se classe dans le Top 10 britannique.
Si le long-métrage reçoit un accueil glacial au cinéma, la bande originale rencontre un très fort succès populaire, s’écoulant à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde.
Côté palmarès : L’album se hisse dans le Top 10 aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada ou en France, tout en décrochant la 1re place des ventes en Allemagne, en Italie ou aux Pays-Bas.
Récompenses : Le morceau-titre reçoit une nomination aux Grammy Awards 1988 (Meilleure chanson pour un média visuel) ainsi qu’aux Golden Globes (Meilleure chanson originale).
Pour défendre cet album et True Blue, Madonna se lance dans sa deuxième tournée mondiale à l’été 1987. Le Who’s That Girl World Tour réunit plus de 1,5 million de spectateurs et engrange 25 millions de dollars de recettes. Avec ses écrans géants, ses sept changements de costumes orchestrés par Marlene Stewart et sa mise en scène théâtrale, ce spectacle pose définitivement les bases des grands concerts pop modernes.


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